dimanche 13 août 2017

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 1

Extrait du Républicain Lorrain du 11 juillet 2017
L'armée de l'air canadienne s'installe à Metz
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Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 2

Extrait du Républicain Lorrain du 12 juillet 2017
(cliquez pour agrandir)


Ndlr : un portrait un peu fouillis un brin romancé, et où ont été mélangées pas mal d'informations entre les origines de mon intérêt pour la présence otanienne en France, la parution de mon premier livre, et la parution de mon dernier ouvrage co-écrit avec Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine. Etant directement concerné, permettez moi de rectifier certaines choses :

- Il n'y a bien sûr pas de lien direct entre la base de Phalsbourg et les Canadiens installés en Moselle, Phalsbourg étant une ancienne base américaine. Effectivement, Américains et Canadiens ont implanté leurs aviations en Moselle dans le cadre de l'OTAN? mais la causalité n'est, ici, pas flagrante.

- Pour le déclic qui m'a donné envie de m'intéresser aux bases de l'OTAN, j'y suis revenu récemment ICI. Il n'a jamais été question de pavillons d'habitations relativement récents, jugez par vous même, j'ai publié la photo d'où tout est parti le 27 juin dernier sur ce blog.

- Je n'ai jamais monté de maquettes de Spitfire, ni de Stuka. 

- L'exergue "300 avions en France" fait référence à l'US Army Aviation évoquée dans mon dernier ouvrage. L'US Air Force en France en avait bien sûr beaucoup plus...

Enfin, l'expression étrange que j'aie sur la photo découle des directives du photographe. Dans la vraie vie, je fais moins peur (du moins j'espère!)

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 3

Extrait du Républicain Lorrain du 13 juillet 2017
(cliquez sur la photo pour agrandir)


Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 4

Extrait du Républicain Lorrain du 14 juillet 2017
"Chesny et le village de la feuille d'érable"
(cliquez sur la photo pour l'agrandir)


Ndlr : La livraison des résidences canadiennes (PMQ's) de Bellecroix n'a pas induit la désaffection des trailers parks de l'Est de l'agglomération messine qui sont restés en service jusqu'au départ des canadiens en 1967. Les PMQ's n'offraient pas de logements en quantités suffisantes pour héberger la totalité des militaires canadiens des environs de Metz.

Si les caravanes étaient sédentarisées, certaines habitations composées de deux caravanes jumelées permettaient toutefois de préserver la mobilité de l'une d'elles qui pouvait, le cas échéant, servir aux excursions du week-end, comme c'était le cas pour la famille Eakins. Pour mémoire, cette famille n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 5

Extrait du Républicain Lorrain du 16 juillet 2017
(photo fournie par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

Ndlr : Pour mémoire, la famille Eakins n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 6

Extrait du Républicain Lorrain du 19 juillet 2017
(Construction des Permanent Married Quarters - PMQ's
Quartier de Bellecroix - cliquez pour agrandir)



Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 7

Extrait du Républicain Lorrain du 10 août 2017
(photos fournies par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

jeudi 27 juillet 2017

La "3" à l'heure du F-100


L'accomplissement d'un projet né il y a 10 ans : voilà ce que constitue cet ouvrage auto-publié par Daniel Corroy, ancien mécanicien équipement sur F-100 Super Sabre au sein de la 3e Escadre de Chasse en RFA pendant la guerre froide...

La démarche est atypique et semble plutôt rare : qu'un ancien mécanicien prenne la plume pour transmettre au lecteur l'amour (c'est bien de ça qu'il s'agit) qu'il voue à son avion est une démarche à laquelle on n'est pas souvent confronté. Le "syndrome de St-Ex"* pousse généralement davantage des pilotes, avec plus ou moins de succès, à coucher sur le papier leurs souvenirs de vols et les sentiments et impressions qui les habitaient là haut, dans les cieux, au cours de missions mémorables...
Mais qu'un "rampant", un "graisseux" écrive un livre sur ses souvenirs d'opérations peut étonner : quelles anecdotes palpitantes peut-il bien espérer transmettre au lecteur sans le faire "décoller"? 
* Pas sûr que ce syndrome existe réellement ni que, dans l'affirmative, tel soit en effet son nom, mais nous avons trouvé l'image parlante.

Cette question bête (et volontairement provocante), Daniel Corroy ne se l'est heureusement pas posée, poussé et encouragé qu'il a été dans son projet de rétrospective par ses anciens collègues pilotes et mécaniciens de la "3". Car c'est bien un ouvrage qui fera date qu'il nous propose aujourd'hui, et il eût été dommage qu'une appréhension infondée inhibât sa démarche mémorielle et passionnelle visant à transmettre ce qu'a été cette période historique, de 1959 à 1966 à la "3". D'autant plus que l'auteur a su s'entourer et que son ouvrage regorge de témoignages d'anciens de son unité, dont des pilotes, et est très largement illustré. Saluons d'ailleurs les photos de Régis Merveille, ancien pilote dont le patronyme correspond tout à fait aux clichés qu'il a fournis pour l'illustration de cet ouvrage. Ses superbes photos, notamment en couleurs, dont beaucoup ont été prises en vol, ont déjà illustré plusieurs articles et ouvrages consacrés au F-100 ou à l'EC 1/3 Navarre, mais c'est toujours avec plaisir qu'on les redécouvre, surtout ainsi compilées et mises en valeur dans un aussi bel ouvrage que celui que signe Daniel Corroy.

Mais, avant d'aller plus loin dans le commentaire du livre, re-situons le contexte : de la fin des années cinquante au milieu des années soixante, en pleine guerre froide, la France contribue à l'alerte nucléaire face au bloc soviétique dans le cadre de l'OTAN au moyen de deux escadres de chasse : la 3e et la 11e EC. A cette époque, l'indépendance atomique tricolore n'est pas encore acquise, et les moyens d'assurer cette permanence (bombes + avions) sont fournis par les Etats-Unis, comme c'est le cas pour d'autres pays (Belgique, Canada, Pays-Bas...). Dans ce contexte, la France est toutefois un des rares pays utilisateurs du chasseur-bombardier F-100 Super Sabre, mis à disposition dans le cadre du Mutual Defence Assistance Program (MDAP) envers certains pays alliés. (Le club des pays utilisateurs de F-100 est assez restreint, puisqu'outre les Etats-Unis, il ne compte que la France, le Danemark, la Turquie et Taïwan).

Parallèlement, implantée en France sur les bases aériennes de Chaumont, Etain et Toul, l'US Air Force y entretient également trois escadres de chasseurs-bombardiers F-100 Super Sabre, elles-aussi en charge du strike nucléaire au delà du rideau de fer. 
Devenu Président de la République en 1959, Charles de Gaulle souhaite accélérer le développement entamé sous la IVe République d'une force de frappe nucléaire franco-française. Désireux de redonner à la France un certain libre-arbitre et une liberté de mouvement vis-à-vis de l'alliance Atlantique, il commence par demander que les armes atomiques américaines et leurs vecteurs soient placés par les Américains sous un système de double clé dont la France aurait également la responsabilité. En cas de refus des Américains, de Gaulle souhaite que les armements nucléaires américains et les avions chargés de les mettre en oeuvre quittent le territoire français. Bien sûr, Washington refuse de confier le double des clés à Paris et déménage ses trois escadres de F-100 vers l'Allemagne et et la Grande-Bretagne. C'est l'opération Red Richard, qui intervient entre l'été 1959 et le début de l'année 1960. 
Paradoxalement, mais dans le droit fil de la logique gaullienne, ces dispositions concernent donc également la 3e EC de Reims et la 11 EC de Luxeuil, elles-aussi dotées d'armes nucléaires américaines dans le cadre de leur mission (bombes gardées par des contingents de militaires américains au sein des bases françaises). Ces deux escadres sont donc également contraintes de déménager hors de l'Hexagone, le temps pour la France d'achever son programme d'armement nucléaire aéroporté par le biais des escadrons de Mirage IV.

Ce sont donc respectivement les bases de Lahr et Bremgarten qui accueillent les 3e et 11e escadres de chasse. Situées en RFA, dans la vallée du Rhin, à une encablure du territoire français, mais sur la rive droite du fleuve frontière, ces deux bases deviennent le théâtre d'une parenthèse méconnue qui s'ouvre alors dans l'histoire de la permanence nucléaire au sein de l'armée de l'air. Daniel Corroy détaille notamment dans son ouvrage les spécificités de la mission strike en termes de disponibilité des avions et donc de contraintes mécaniques, différentes de celles des autres unités où il a servi. L'examen de ces contraintes a d'ailleurs permis, à l'usage, de paver la route des futures Forces Aériennes Stratégiques (FAS). Dommage que l'auteur ne détaille pas plus les relations entre les armuriers français et les Américains en charge de la garde de l'arsenal atomique, et notamment le déroulement des entraînements d'alerte nucléaire. Sans doute n'y a t-il lui-même pas été trop confronté de par sa spécialité, et le sceau du secret pèse peut-être encore de nos jours... Un intéressant témoignage d'un armurier habilité nucléaire à l'époque, Paul Crépin,  apporte toutefois d'intéressantes informations sur cette partie du travail propre à l'escadre.

F-100D de l'EC 1/3 Navarre. Profil : Stéphane Lhernault
Cette image n'est pas tirée du livre.

Saluons l'initiative de Daniel Corroy, qui aurait très bien pu se contenter de couler une paisible retraite mais qui au lieu de celà, s'est lancé dans une quête de témoignages et de documents qui lui aura finalement pris quatre ans pour aboutir à ce très beau résultat.
L'ouvrage est intelligemment construit et s'articule en une trentaine de chapitres thématiques, allant de six à douze pages chacun et présentant un aspect spécifique de l'unité, une anecdote, un témoignage ou un temps fort : l'historique de la "3", les campagnes de tirs à Solenzara, la base de Lahr et sa garnison d'expatriés où règnent solidarité, entraide et solides amitiés, le concours Aircent de 1963...
Signalons la démarche de l'auteur qui, dans un souci de pédagogie, situe chaque chapitre dans son contexte historique ou géographique et détaille les causes mécaniques pour chaque accident ou crash évoqué, photos des systèmes incriminés à l'appui. De même les témoignages de pilotes inclus aux chapitres trouvent à chaque fois, en écho, le point de vue de "la mécanique", ce qui en fait presque un livre chorale où l'on sent que c'est le point de vue de l'unité, et non celui d'un seul de ses membres qui est consigné et transmis dans cet ouvrage. C'est pourquoi il est fort probable que ce livre plaise également aux jeunes mécaniciens avions actuels, tant leur rôle est reconnu à leur juste valeur et tant le propos et l'analyse des incidents et accidents relatés peuvent s'avérer intéressants voire formateurs. La mécanique et les avions ont changé, l'approche du problème technique et l'esprit de déduction reste le même aujourd'hui.

Sommaire de l'ouvrage. Cliquez pour agrandir.

A quelques rares occasions, l'auteur se réserve le privilège d'une digression, sortant du cadre de la 3e EC au temps du F-100, pour évoquer la carrière d'Edmond Marin la Meslée, la catastrophe d'Albacete en 2015 ou encore le crash du capitaine Allard... autant d'occasions lui permettant de témoigner d'un esprit de corps toujours palpable aujourd'hui, le lien étant celui de l'appartenance à une unité, la 3e EC, au travers de ses différentes époques.

Au centre du livre a été déportée une série d'annexes, habilement sortie des chapitres auxquelles elles se rapportent pour ne pas alourdir le propos avec des photos et des informations s'adressant à une minorité de lecteurs : anciens de l'Escadre qui se retrouveront avec plaisir sur des photos de repas d'unité ou de prises d'armes, photos de villégiature corse lors d'une campagne de tirs à Zara... 
L'ensemble de l'ouvrage est ainsi très agréable à lire et à feuilleter, l'auteur excluant une narration académique pour se faire complice du lecteur et ainsi transmettre avec un certain humour ses souvenirs, anecdotes voire confidences.
Pour finir, Daniel Corroy élargit un peu son traitement du sujet en consacrant quelques chapitres à ses souvenirs autres opérationnels à Bremgarten au temps de l'Ouragan puis du F-84F, à Chaumont, ville dont il est originaire et où il redécouvre la base aérienne américaine de l'intérieur avec un plaisir manifeste, lors des rencontres Aircent auxquelles il prend part avec la "3"...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.

Pour résumer, on peut dire que ce livre est une pièce de choix pour quiconque s'intéresse aux relations entre l'armée de l'air et l'OTAN, notamment avant l'obtention de la puissance atomique par la France. Ce sujet trop peu traité trouve enfin une visibilité méritée à travers ces pages. Il en va de même pour l'engagement des militaires français de l'armée de l'air expatriés en RFA en pleine guerre froide pour garantir cette mission au sein d'une alliance militaire à laquelle ils sentaient sans doute déjà qu'ils n'appartiendraient plus très longtemps, du moins dans les mêmes conditions. Une époque très particulière donc, mise en valeur avec tendresse par Daniel Corroy. 
Il serait intéressant que l'initiative de l'auteur trouve un écho au sein de la très organisée amicale des Anciens de la 11e Escadre de Chasse, qui pourrait se lancer dans la réalisation d'un livre équivalent vu de la "11". Cette escadre a certes volé bien plus longtemps que la "3" sur Super Sabre et plus seulement dans une rôle de strike nucléaire. Mais disposer d'un ouvrage de référence équivalent pour la période allemande de la 11e EC, sur la base de Bremgarten, serait une vraie chance. L'appel est lancé...

Bien qu'il ait fort à propos sollicité la société de prestations graphiques Baobab, qui a réalisé une très belle mise en page et assuré la fabrication de l'ouvrage, l'auteur assure seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées. Le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. Pour ce faire, vous trouverez ci-dessous un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. Il complètera d'ailleurs très avantageusement le livre de Jean-Pierre Calka et Eric Moreau sur Le F-100D/F Super Sabre en service dans l'armée de l'air.

La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages. Couverture rigide.
Plusieurs centaines de photos en couleurs et noir et blanc.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessous (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque)


La 3e Escadre de Chasse et le F-100 Super Sabre



Bon de commande. Cliquez pour agrandir.


La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessus (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque uniquement).


L'auteur assurant seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées, le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. 
Pour ce faire, vous trouverez ci-dessus un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. 

mardi 25 juillet 2017

Les escadres de l'armée de l'air à l'honneur


Le premier Hors-Série du magazine Avions de Combat  actuellement en kiosques met à l'honneur le travail de Gérard Paloque sur les escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours.
Véritable gageure que de travailler sur une telle période historique, compilant tant d'appareils, en termes de types, de versions, de livrées... L'auteur nous propose un superbe recueil d'une centaine de photos et de 200 profils en couleurs consacrés aux 8 premières escadres de l'armée de l'air.

Bien sûr, la faste période de guerre froide (en ce qui concerne le parc d'avions de chasse, s'entend) est largement représentée notamment pour les escadres intégrées au 1er CATac de l'OTAN, qui évoluaient sur matériel américain du début des années 1950 jusqu'au milieu des années 1960 (F-84E/G/F, F-100D/F) et qui nous intéressent particulièrement ici (1ère, 3e, 4e EC) . 

Gérard Paloque avait déjà signé un excellent ouvrage sur le F-100 Super Sabre présentant des centaines de profils de l'appareil dans ses nombreuses livrées au sein des différentes forces aériennes l'ayant utilisé. Il nous propose ici un travail de la même qualité qu'il convient d'avoir dans sa bibliothèque. Car l'auteur ne s'arrête pas aux livrées des avions d'armes composant les différents escadrons d'une même escadre. Il complète le tableau avec les profils des appareils des escadrilles de liaison (MS Paris, T-33, Fouga, Broussard, et même Martinet) ainsi que des SIPA, T-6 et T-28 des Escadrilles d'Aviation Légères d'Appui (EALA) parrainées par chaque escadre durant la guerre d'Algérie! Certes, on peut regretter que les profils ne soient pas un peu plus grands, mais 200 profils! A pagination constante du magazine, on comprend bien qu'au vu du nombre, il a fallu faire une concession sur la taille des profils. Et encore l'ensemble de l'étude a été scindée en deux, la suite faisant l'objet du prochain Hors-Série (escadres N° 9 à 33) dont la parution est prévue au quatrième trimestre 2017.

Comme le signale l'Aérobibliothèque, les éditions Heimdal, qui éditent le magazine Avions de Combat, publieront en fin d'année l'intégralité du travail de Gérard Paloque sur l'histoire des escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours, compilant le contenu des deux numéros Hors-Série de la revue... La maquette de ce volume récapitulatif permettra peut être d'agrandir un peu la taille de certains profils? Nous ne manquerons pas de vous en reparler ici-même, le moment venu!

Avions de Combat Hors-Série numéro 1
2e trimestre 2017
112 pages
Plus d'une centaine de photos NB et couleurs et plus de 200 profils couleurs
13 euros.

samedi 22 juillet 2017

1951 - 1967 Les Américains à Châteauroux, le livre

1ère de couverture du livre de Bruno Mascle 1951-1967 Les Américains à Châteauroux.
Depuis 66 ans, la présence de l'armée de l'air américaine à Châteauroux a fait couler beaucoup d'encre... et ce n'est pas fini! Un nouveau livre sur le sujet vient de paraître au début du mois de juillet : 1951-1967, Les Américains à Châteauroux, co-édité par La Nouvelle République et les éditions La Bouinotte.
Trois semaines seulement après son lancement, l'ouvrage - qui avait fait l'objet d'une souscription - fait déjà défaut à l'éditeur qui a lancé une réimpression. L'ouvrage sera à nouveau disponible à partir du 20 août. En attendant de pouvoir à nouveau le commander, voici déjà de quoi vous en faire une première impression ci-dessous. N'hésitez pas à cliquer sur le bouton "Tenez moi au courant" de la page de l'éditeur et d'y renseigner votre adresse e-mail pour être informé de la disponibilité de l'ouvrage!

Seize années de présence américaine dans la capitale de l'Indre, plus de 7000 Américains y vivant, représentant près de 25% de la population d'une ville moyenne du Centre de la France, évoluant dans de grosses voitures laissant échapper des airs de jazz et de rock'n roll, le tout quelques années seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale... vous avez dit "révolution"?
A coup sûr, l'implantation du gigantesque dépôt aérien pour toute l'US Air Force en Europe a chamboulé le tranquille équilibre castelroussin, fait tourner des têtes et pleuvoir des dollars... 
Pas étonnant que, quand on évoque la présence américaine en France durant la guerre froide, l'exemple de Châteauroux s'impose d'emblée et soit devenu le cas d'école et, parfois, également l'arbre qui cache la forêt...

Cinquante ans après le départ définitif des Américains, en 1967, la "période américaine" de la ville nourrit aujourd'hui encore une profonde nostalgie pour ceux qui l'ont connue, et un fantasme pour ceux qui en ont seulement entendu parler. Le plein emploi, l'argent facile, la vie nocturne, la musique, l'activité aérienne... toutes ces conséquences induites par la présence américaine ont laissé un vide béant dans une ville et auprès d'une population qui ne s'en sont jamais vraiment remises...

Cette atmosphère a, depuis, nourri de nombreuses démarches historiques, romanesques et même cinématographiques, surtout quand on sait qu'un certain Gérard Depardieu a grandi à Châteauroux à cette époque et a commencé à s'encanailler au contact des Airmen du Chateauroux Air Depot (CHAD).

On pouvait de fait s'attendre à une production littéraire plus conséquente sur le sujet depuis 1967. Aussi, quand on découvre le nouveau livre de Bruno Mascle, on se dit qu'enfin, l'ouvrage francophone de référence sur l'histoire de la base américaine de Châteauroux est arrivé : couverture rigide, mise en page agréable et colorée, nombreuses illustrations, le premier contact est très appétissant! En survolant les pages, on glane des vues d'avions, mais aussi des photos de mariages (mixtes, à coup sûr), d'ouvriers français, de cités américaines en Berry... A première vue, le traitement du sujet semble exhaustif, intégrant les nombreuses conséquences sociales, économiques et culturelles de l'installation de la base de l'US Air Force, notamment les importants mouvements sociaux lors du départ des Américains.

La lecture de l'ouvrage nuance toutefois un peu les choses. D'abord parce qu'elle recadre un peu les espoirs du lecteur aérophile. Plus qu'un livre sur l'histoire de la base et du dépôt de l'US Air Force, ce que nous espérions, il s'agit - comme son titre l'indique, finalement - d'évocations thématiques de la période américaine de Châteauroux. Aucune tromperie sur la marchandise donc, simplement une sensibilité aéronautique un peu trop marquée de notre part qui s'en est un peu trouvée frustrée, tout étant affaire de tempérance dans la vie.

Revenons en donc à l'ouvrage en lui même : une quinzaine de chapitres thématiques reviennent sur ce qu'était la vie à Châteauroux à l'époque américaine, au travers de l'activité économique, de l'animation des rues - en particulier le soir, de la vie sociale et des unions franco-américaines qui en ont découlées... De façon générale, si les noms de villages ou de bistrots sont propres à Châteauroux, les aspects traités par Bruno Mascle dans ce livre parleront à tout ancien riverain d'une garnison américaine en France dans les années 50-60, qu'elle soit à Evreux, Toul, Orléans ou Verdun!
Table des matières - Cliquez pour agrandir
L'ouvrage s'articule finalement un peu comme un catalogue d'exposition, l'auteur ayant étoffé ses différents axes de travail en consultant des articles de journaux d'époque, rencontré des vétérans américains et français, mais aussi beaucoup puisé dans la filmographie et la littérature des témoignages parfois directs, souvent indirects. Le documentaire Chateauroux Airport d'Anice Clément, a manifestement beaucoup servi à l'auteur, de même que des articles d'époque de La Nouvelle République ou de La Marseillaise du Berry, souvent cités in extenso.
Précisons que Bruno Mascle est journaliste à La Nouvelle République. On comprend donc qu'il ait mis à profit les sources de la presse quotidienne régionale d'époque. Le bémol qui en découle revient à l'iconographie : bien que nombreuses et imprimées en grand format, plusieurs photos sont en effet tirées d'articles de journaux d'époque, présentant une importante trame d'impression au détriment de leur qualité. En outre, les crédits photographiques et la mention des sources, telles que les articles cités, font défaut, ce qui est dommage d'un point de vue historiographique. Même des photos plus contemporaines, de récentes cérémonies mémorielles, pêchent vraiment en termes de qualité et l'on peut se demander alors, pourquoi les avoir imprimées en si grand si la définition faisait défaut? Enfin, les légendes, en étant plus précises, auraient pu compenser d'un point de vue documentaire la qualité relative de certaines illustations. C'est assez regrettable, car les autres aspects éditoriaux sont quant à eux au rendez-vous : qualité du papier, mise en page, reliure, couverture rigide...

Pour le reste, cette évocation historique, économique, sociologique et culturelle de l'implantation US dans l'Indre de 1951 à 1967 n'en n'est pas moins sympathique et se parcourt aisément.  Un chapitre concerne notamment l'institution castelroussine récemment fermée, chez "Joe from Maine", sans doute le premier fast-food installé en France que Depardieu aimait à fréquenter. Les connaisseurs de l'histoire de la base n'apprendront pas grand chose de nouveau, si ce n'est peut être l'impression du journal de la base, sous-traitée dans l'imprimerie de Jean Fourton, dont les employés étaient majoritairement communistes et cégétistes. Mais ce n'est finalement qu'une demi-surprise quand on a un peu connu le monde de "l'imprimerie de papa".  Les lecteurs moins familiers de cette tranche d'histoire américaine rêveront quant à eux à ce Shatoo-woo perdu (Châteauroux prononcé "à l'américaine") dont le souvenir est devenu légendaire, à l'évocation des accidents de voitures, des bordels, des bagarres, des bars pour les Noirs ou pour les Blancs, entourant le souvenir de la capitale de l'Indre d'un parfum de bas-quartier de Chicago ou de Seattle...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.
1951-1967, Les Américains à Châteauroux (cliquez pour accéder au site de l'éditeur)
Par Bruno Mascle, préface de Léandre Boizeau. Co-édition La Bouinotte / La Nouvelle République, 21x27 cm, 128 pages, couverture rigide, plus de 150 illustrations, 26 euros.

vendredi 21 juillet 2017

Mondial Air Ballons 2017, top départ!

Photo via Facebook/Mondial Air Ballons
C'est le grand jour! L'édition 2017 du Mondial Air Ballons (MAB) démarre ce soir et pour 10 jours, avec un final le dimanche 30 juillet prochain.

LMAB 2015.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Ne l'appelez plus "Lorraine Mondial Air Ballons" : réforme territoriale et partenariat avec la nouvelle région Grand Est obligent, le précédent nom a été recyclé. Outre ce détail (du moins pour le grand public), la recette reste la même : une dizaine de jours pour fêter les plus légers que l'air et s'en mettre plein les mirettes à l'occasion de deux vols quotidiens, le matin de bonne heure (vers 6h15), et en fin d'après-midi / début de soirée (vers 18h30), quand l'atmosphère est au plus calme.

LMAB 2015.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
L'évènement qui fait bourdonner tous les deux ans l'ancienne base aérienne américaine de Chambley est un monument touristique et économique pour le secteur, et les nouvelles instances régionales ont eu la bonne idée de pérenniser leur soutien à l'organisation Pilâtre de Rozier, grand chef d'orchestre de la manifestation. Cette année, le MAB sera placé sous le signe de la sécurité pour garantir au public de profiter sereinement du spectacle. De fait, les parkings publics seront fermés entre minuit et 5h00. Une présence policière renforcée complètera un dispositif de vigiles. Prévoyez donc une marge suffisante pour accéder au site du fait des contrôles et fouilles qui s'ajouteront aux délais habituels pour un tel évènement populaire.


Les temps forts de cette éditions seront : le premier vol de ce soir 21 juillet, sur les coups de 18h30, l'inauguration officielle ce samedi 22 à 17h00 suivi d'un envol de masse, mais aussi dimanche 23 au matin, sur les coups de 6h15, avec l'envol en ligne sur les 2900 mètres de piste. Mercredi 26 à 21h30, la ligne de nuit offrira un spectacle son et lumière (sans envol). Pour le programme détaillé, toujours soumis à la météo, CLIQUEZ ICI.

La tour de contrôle sur fond d'envol de montgolfières.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
Si vous êtes lève tard, ou tout simplement trop loin pour assister au spectacle, vous pourrez toujours vous rabattre sur les webcams. Si toutefois vous décidez de visiter le site, sachez qu'entre les vols du matin et du soir, de nombreuses animations et stands sont prévus. Vous pourrez notamment accéder au musée Pilâtre de Rozier, dont tout une partie est consacrée à l'histoire de la base américaine de l'US Air Force.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

mardi 27 juin 2017

Double anniversaire à Phalsbourg le 2 juillet




Certains en avaient entendu parler depuis quelques mois, mais la rumeur peinait à se confirmer... C'est à présent chose faite depuis quelques semaines : dimanche prochain, le 2 juillet 2017, le camp La Horie de Phalsbourg et le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat (RHC) qu'elle accueille ouvrent grand leurs portes au public, et gratuitement de surcroît, à l'occasion notamment du 40e anniversaire du 1er RHC.


C'est l'occasion de (re)découvrir cette ancienne base de l'US Air Force qui a bien changé ces dernières années, avec l'arrivée des hélicoptères de nouvelle génération Tigre et NH90 Caïman.
Une page internet est en ligne, même si elle s'avère assez peu informative faute de mises à jour. En revanche, une page Facebook semble, elle davantage suivie, avec au fur et à mesure l'annonce du programme pour conserver une part de surprise.



Une fois n'est pas coutume, j'en profite pour parler un peu de ma petite personne, puisque cet évènement marque un autre anniversaire : le 20e des premières portes ouvertes du 1er RHC auxquelles j'ai participé :


C'était en juin 1997, j'allais sur mes 14 ans, et j'assistais alors à ma première manifestation aérienne. Il y en eut pas mal d'autres depuis, et j'espère que ça continuera encore dans les années à venir, malgré le nombre de bases aériennes qui se réduit comme peau de chagrin.

Si je vous parle aujourd'hui de cet évènement de ma vie, c'est qu'il est à l'origine de tous les travaux que j'ai consacrés depuis aux forces aériennes de l'OTAN en France. En effet, dans le programme des journées portes ouvertes de 1997 que je conserve encore aujourd'hui, une photo aérienne de la base et un court texte de quelques lignes ont aiguisé ma curiosité : 
Cliquez pour agrandir.

Pourquoi les hélicos du 1er RHC avaient-ils besoin d'une telle piste pour atterrir / décoller? Que faisait l'US Air Force à Phalsbourg dans les années 50, alors que la guerre était finie depuis plusieurs années? Ces questionnements, dans mon esprit d'adolescent, n'ont eu de cesse de chatouiller ma curiosité. Pourtant, les sources documentaires étaient rares et difficiles à trouver à l'époque : internet était loin d'être aussi développé, et aussi riche en contenus qu'aujourd'hui. Tant mieux! C'est ce qui m'a poussé à continuer de chercher, et m'a fait me dire que d'autres seraient sans doute intéressés également, alors, pourquoi ne pas partager le fruit de mes recherches?

Et puisque j'ouvre la boîte à souvenir, je ne vous épargne pas non plus ce gros dossier : moi dans un Puma. A l'époque, j'avais encore des cheveux et je portais encore des chaussettes Bart Simpson... 


Vingt ans plus tard, la publication de mon article historique sur Phalsbourg Air Base dans Air Power n°4 aura, dans un sens, été une manière de boucler la boucle...

Si vous allez à Phalsbourg ce dimanche, nous aurons donc peut-être l'occasion de nous croiser. Fort heureusement, j'ai bien changé depuis la photo ci-dessus... Toutefois, si jamais vous me reconnaissez, n'hésitez pas à me dire un petit bonjour, j'ai toujours plaisir à échanger avec vous! 

mercredi 12 avril 2017

Des Canadiens de retour à Mercy

Les Canadiens posent pour la photo souvenir sur le perron du château.
© F. Loubette  

En ce mercredi 12 avril 2017, une délégation d'une petite trentaine de Canadiens
a eu l'occasion de revenir au Château de Mercy, près de Metz, où il vécurent une partie de leur enfance, quand leurs parents travaillaient au quartier général de la 1ère Division Aérienne Canadienne en Europe.

Ces membres d'une association canadienne d'anciens élèves de l'école "Général Navereau" de Metz s'étaient donné rendez-vous en France en ce mois d'avril à l'occasion d'un triple anniversaire : le centenaire de la bataille de Vimy, près d'Arras, durant laquelle les soldats canadiens payèrent un lourd tribut pendant la Seconde Guerre mondiale ; le cent-cinquantième anniversaire du Canada et le cinquantième anniversaire du départ définitif des Canadiens de Metz et, plus globalement, de France.

© F. Loubette

A l'époque, les chauffeurs des haut-gradés canadiens défilaient en voiture au pied du perron.
© OTAN
A Metz depuis deux jours, ces enfants de militaires de la Royal Canadian Air Force ont eu la possibilité de visiter le château de Mercy, spécialement ouvert pour eux aujourd'hui.
Le Château étant actuellement propriété de Metz-Métropole, le groupe fut accueilli ce matin par son président, Jean-Luc Bohl. Ce dernier est revenu brièvement sur les temps forts de l'histoire du château et ses particularités architecturales. Il connaît d'autant mieux ses spécificités que le propriétaire originel qui a fiat construire le château, Maurice de Coëtlosquet, était un aïeul de Mme Bohl.

Les visiteurs canadiens investissent le grand hall d'entrée.
© F. Loubette
Les Canadiens ont ensuite pu passer une bonne heure à déambuler dans les différentes salles du château, redécouvrant ces espaces plus de cinquante ans après y avoir souvent accompagné leurs parents. De nombreuses photos ont été prises par l'ensemble du groupe durant cette occasion unique à laquelle se sont greffés quelques locaux passionnés de patrimoine. Comme j'en faisais partie, et qu'on ne sait pas quelle sera la prochaine occasion de visiter l'intérieur, ni si les dégradations ne se seront pas développées d'ici là, je vous propose quelques vues de l'intérieur de ce somptueux édifice. 

La colossale cheminée du hall d'entrée.
© F. Loubette

Détail de la cheminée du hall d'entrée. 

© F. Loubette  

Présentation des bases de la 1ère division aérienne canadienne en Europe.
© CJFIC
On a retrouvé la cheminée de la photo précédente. Son manteau a été épargné par les vandales
(pour l'instant), contrairement à plusieurs autres cheminées du château.
© F. Loubette

Couloir longitudinal du rez-de-chaussée.
© F. Loubette

Grande salle du rez-de-chaussée au impressionnantes boiseries donnant sur l'arrière du château.
© F. Loubette
Le grand escalier vu depuis le hall d'entrée.
© F. Loubette
Le hall d'entrée vu depuis le grand escalier.
© F. Loubette

La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.
© F. Loubette
La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.

© F. Loubette
© Eakins
Le palier du premier étage.
© F. Loubette 

Au premier étage, au dessus du hall d'entrée, une grande salle aux impressionnantes boiseries.
© F. Loubette

La même salle au premier étage.
© F. Loubette
Vue de la chapelle depuis la salle aux boiseries du premier étage.
© F. Loubette
Détail des plafonds.
© F. Loubette

© F. Loubette

Le château vue de devant.
© F. Loubette
Même scène au début des années soixante
© CFJIC

Stèle qui soutenait la plaque commémorative, dans la cour du château, avant qu'elle ne soit pillée.
© F. Loubette

Le château de Mercy vu depuis l'arrière.
© F. Loubette 

Les Canadiens sont repartis honorés et ravis d'avoir pu, une dernière fois sans doute, fouler ces lieux chargés de souvenirs. A ce jour, la destinée du château de Mercy est encore incertaine...