jeudi 5 octobre 2017

L'US Army en France : Conférences à venir

Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine qui ont signé avec moi le Tome 1 de notre étude sur Les Américains en France (toujours disponible auprès des éditions Gérard Louis) vous proposent dans les jours à venir des conférences historiques autour de la présence des armées alliées dans notre pays pendant la guerre froide. 
C'est l'occasion rêvée d'occuper intelligemment un après midi pluvieux en s'instruisant et en rencontrant ces deux auteurs pour discuter de vive voix avec eux.

A vos agendas! La première conférence de Pierre Labrude aura lieu ce dimanche 8 octobre à Ancerville (55) dans le cadre des Journées d'études meusiennes. A la maison des services, place de la mairie, Pierre Labrude vous parlera, en fin d'après-midi, du dépôt de munitions US de Trois-Fontaines, et des employés français qui y travaillaient aux côtés des Américains. L'entré est libre.

Programme des journées d'études meusiennes - Cliquez pour agrandir


Le dimanche 15 octobre, l'infatigable Pierre Labrude interviendra cette fois dans le cadre des Journées d'études vosgiennes, à Martigny-lès-Bains (88). Il y présentera une étude sur "La base aérienne de Damblain, un avant-poste pour une guerre qui n'a pas eu lieu". Retrouvez ICI le programme complet de ces journées d'études.

Enfin, le samedi 21 octobre, c'est cette fois Pierre-Alain Antoine qui vous propose une conférence autour de notre ouvrage, pour présenter le dispositif de la Communication Zone et ses nombreuses ramifications. Rendez-vous à 10 heures à la maison de Charles de Gaulle, 7 place de la Carrière à Nancy.
Rendez-vous nombreux à ces conférences en attendant les salons du livre de novembre, qui seront une autre occasion de nous rencontrer! Plus d'informations à ce sujet très bientôt!

mercredi 13 septembre 2017

S'il te plaît, dessine moi un ballon...


Une montgolfière sur la base aérienne de Chambley?... rien de plus banal vous direz-vous... C'est en effet sur cet aérodrome que se tient tous les deux ans une des plus grandes concentrations de ballons à air chaud au monde...

Pourtant, une montgolfière qui survole la base... à l'époque américaine, c'est déjà moins banal!
C'est le point d'orgue d'une aventure de bande dessinée pour enfants, intitulée L'envol, de la série "Jeannette et Jojo", signée Jean-François Kieffer. L'auteur, rencontré lors du "Livre sur la place" à Nancy le week end dernier, nous a présenté son album relatant les mésaventures d'un frère et d'une soeur habitant la Meuse à la fin des années 1960.

Au cours de cette aventure, les deux jeunes héros s'envolent bien involontairement dans une montgolfière artisanale. Ne sachant piloter le ballon, ils dérivent jusqu'à ce que, survolant la base de Chambley voisine de leur point de départ, ils se fassent intercepter grâce à l'intervention d'un véhicule des pompiers de la base américaine.

Illustration © Jean-François Kieffer, L’Envol, Mame 2017.
Cliquez pour agrandir.

L'évocation de la base aérienne américaine de Chambley dans cet album est sympathique. Bien sûr, les décors, les véhicules et les avions que l'on distinguent, à l'époque où se déroule le récit, sont purement fantasques, mais c'est assumé par l'auteur. Du reste, ce n'est pas dans une BD, a fortiori pour enfant, que l'on recherche une vérité historique. Le scénario est vraisemblable, et c'est déjà suffisant pour cette petite histoire sans autre prétention que de proposer un moment d'évasion distrayante à nos "chères têtes blondes", selon l'expression consacrée.

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.

vendredi 8 septembre 2017

En dédicace au Livre sur la Place!


A partir de ce vendredi et jusqu'à dimanche 10 septembre inclus, se déroule à Nancy le salon littéraire "Le livre sur la Place", sous chapiteau installé Place de la Carrière face au palais du gouverneur.
Mes co-auteurs et moi-même y serons en dédicaces sur le stand de notre éditeur, Gérard Louis.
N'hésitez pas à passer nous dire bonjour : ces rencontres et ces moments d'échanges sont toujours très enrichissants et nous permettent notamment, sur un sujet aussi vaste que celui auquel nous nous sommes attelés, de découvrir de nouvelles anecdotes locales ou des aspects méconnus de l'implantation militaire alliée en France pendant la guerre froide.


Les auteurs, de gauche à droite : Fabrice Loubette, Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine.

Aujourd'hui et demain samedi, vous pourrez rencontrer Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine.
Dimanche, je serai présent toute la journée en compagnie de Pierre-Alain Antoine.

Pour le programme complet de la manifestation et le plan du chapiteau, cliquez ICI

Au plaisir de vous y rencontrer!

lundi 4 septembre 2017

Châteauroux : US come back!


L'association "Châteauroux c'était l'Amérique" ne pouvait manquer ce rendez-vous symbolique : 2017 marque en effet le demi-siècle du grand départ des Américains, contraints d'évacuer la France, et en particulier, l'Indre et sa capitale.

Les membres de l'association vous proposent donc une nouvelle exposition commémorative qui démarre demain, mardi 5 septembre, dans le hall de l'hôtel de ville de Châteauroux. Cet évènement est destiné à perpétuer le souvenir d'une époque contemporaine emblématique de la ville : celle de la présence des soldats et des familles américaines dans le cadre de l'activité de la base de l'US Air Force implantée à Déols-La Martinerie jusqu'en 1967. Le vernissage de l'exposition aura lieu vendredi 8 septembre à 18h30 à l'hôtel de ville. 

Nul doute que l'évènement va revêtir une saveur particulière cette année, car il fait écho à la venue, dans quelques semaines, d'un groupe d'une cinquantaine d'Américains, ayant vécu, travaillé, ou étant nés à Châteauroux! Ils sont attendus au minimum du 18 au 21 septembre, pour la majeure partie d'entre eux, certains pouvant prolonger leur séjour, le cas échéant. La délégation américaine sera donc accueillie au matin du 18 septembre, dans le hall de l'hôtel de ville de Châteauroux, où ils pourront ensuite découvrir l'exposition.
L'après midi du 18 septembre, les célébrations se déplaceront au collège de Touvent, ancienne école primaire américaine, qui sera inauguré et baptisé d'un nom en rapport - sans doute - avec l'histoire franco-américaine. A cette occasion, une plaque sera dévoilée.

Le lendemain matin, mardi 19 septembre, le groupe se recueillera à 9h30 devant la Flamme de l'Amitié, sise au rond-point de la porte de Paris, avant de prendre la direction du cimetière de Déols où sera dévoilée, à 10h30, une autre plaque commémorative en souvenir des bébés américains nés à Châteauroux et n'ayant pas survécu. Enterrés au cimetière de Déols, leur mémoire sera officiellement préservée grâce à cette plaque listant l'intégralité des noms des enfant de moins de deux ans n'ayant jamais quitté la terre berrichonne. Saluons, encore une fois, le travail de recensement de l'association Châteauroux c'était l'Amérique, à l'origine de cette initiative. A ce titre, rappelons en effet que de nombreux citoyens américains ont vu le jour à Châteauroux, dont la maternité servit également à bien d'autres bases américaines en France. 

Les jours suivant seront plus festifs, permettant aux Américains de redécouvrir les rues et les maisons où ils ont passé une partie de leur enfance française.



Pour prolonger les festivités à connotation américaine, la ville de Châteauroux organise un festival country baptisé "Good old days", qui se tiendra le week-end des 22, 23 et 24 septembre. 

En parallèle et sans lien avec ce festival se tiendra un après midi thématique le samedi 23, à partir de 14h00, à la médiathèque de Châteauroux. L'après-midi démarrera par la projection d'un film évoquant la présence américaine, suivie d'une conférence de Pierre Labrude sur les bases américaines en France qui se prolongera par une séance de questions-réponses.

Quant à l'exposition, elle sera encore visible pour quelques jours, puisqu'elle se termiune le 28 septembre. Attention, compte tenu de son installation dans le hall de la mairie, nous attirons votre attention sur le fait que l'exposition ne sera pas visible durant les week-ends, mais seulement en semaine aux heures d'ouverture!

Alors, n'hésitez pas à visiter cette exposition, à en parler autour de vous, et à vous joindre aux commémorations franco-américaines de Châteauroux en ce mois de septembre, cinquante ans après le départ des derniers GI's!

Exposition Châteauroux c'était l'Amérique 1951-1967
Hall de l'hôtel de ville de Châteauroux
1, place de la République
Ouvert au public du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00


mercredi 23 août 2017

Grostenquin, tertio

Les premières caravanes du "trailer park" primitif de Grostenquin constituèrent une solution d'urgence, en pleine
crise du logement, pour héberger une partie des familles canadiennes en  Lorraine, au début des années 1950.
Photo B. Morgan.

Ce mercredi 23 août, les portes de la base aérienne de Grostenquin vont s'ouvrir pour accueillir le rassemblement annuel des gens du voyage et de leur association Vie et Lumière, coutumier des anciennes bases aériennes de l'OTAN. Après 2006 et 2015, c'est la 3e fois que cette ancienne base canadienne accueillera ce rassemblement, dont les dates officielles sont du 27 août au 3 septembre. Mais pour des raisons d'encombrement des environs et pour limiter les bouchons, le site ouvre toujours quelques jours plus tôt et ferme quelques jours plus tard pour étaler arrivées et départs.

La polémique gronde depuis début juillet : une fois encore, c'est la base de Grostenquin qui a été désignée par l'Etat pour accueillir le rassemblement estival annuel de gens du voyage où convergent chaque année 25000 à 30000 tziganes, représentant 6000 à 7000 caravanes. 
C'est la fois de trop pour les maires des environs qui ont décidé de le faire savoir en répandant début juillet, des tonnes de lisier sur le portail et autour de l'entrée de l'ancienne base canadienne, comme le relatait le Républicain Lorrain au début de l'été.


Des manifestations des maires des environs ont même eu lieu, le 9 juillet à Sarrebourg et le 1er août à Metz. 
Les habitants du secteur de Grostenquin avaient été relativement épargnés par le rassemblement tzigane pendant de nombreuses années par rapport aux habitants de Chambley ou Damblain, du fait de l'activité des forces aériennes française, allemande et américaine sur l'ancienne base canadienne qui hébergeait un site du polygone de guerre électronique (PGE).
Depuis plusieurs années pourtant, face à la vente progressive de ces anciennes bases aériennes militaires aux collectivités territoriales, l'Etat dispose de moins de sites potentiels. Dans le même temps, l'activité du PGE décline et ses différents sites ferment (comme le fort des Adelphes à Epinal) ou sont employés de moins en moins fréquemment. Ce qui explique la réquisition, une fois encore de l'ancienne base de Grostenquin, toujours propriété de l'Etat, à l'inverse de Lure, Damblain, Marville ou Chambleu qui avaient accueilli le rassemblement à plusieurs reprises au cour des décennies passées.

De leur point de vue, les élus locaux se voient imposer à une fréquence s'accélérant ce rassemblement qui perturbe, il est vrai, la quiétude de ce coin de campagne et apporte sons lot de désagréments. En outre, une grande partie du site de l'ancienne base étant une zone de protection de la faune et de la flore, un tel rassemblement inquiète également les défenseurs de la nature et des espèces endémiques.
Cette année cependant, les moyens policiers auraient été nettement accrus par rapport au rassemblement de 2015 et un no man's land surveillé devrait interdire l'accès au zones protégées.



Si l'on en croit la presse locale, le Premier ministre aurait promis aux maires manifestants que la base de Grostenquin accueillerait cette année le rassemblement tzigane pour la dernière fois. Une promesse politique qui, selon la formule consacrée, n'engage que ceux qui y croient, l'actuel gouvernement ayant déjà prouvé ces dernières semaines qu'une promesse faite le lundi pouvait être contredite le jeudi suivant, sans besoin d'attendre une quelconque alternance gouvernementale...

Enfin, lundi dernier, le pasteur Charpentier, "grand Manitou" du rassemblement tzigane, a démenti auprès de France Bleu Lorraine la rumeurs selon laquelle l'association Vie et Lumière souhaitait se porter acquéreur de l'ancienne base canadienne pour la tenue de ses rassemblements annuels. Voilà qui devrait rassurer un peu les élus locaux.

dimanche 13 août 2017

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 1

Extrait du Républicain Lorrain du 11 juillet 2017
L'armée de l'air canadienne s'installe à Metz
(cliquez sur les photos pour agrandir)

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 2

Extrait du Républicain Lorrain du 12 juillet 2017
(cliquez pour agrandir)


Ndlr : un portrait un peu fouillis un brin romancé, et où ont été mélangées pas mal d'informations entre les origines de mon intérêt pour la présence otanienne en France, la parution de mon premier livre, et la parution de mon dernier ouvrage co-écrit avec Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine. Etant directement concerné, permettez moi de rectifier certaines choses :

- Il n'y a bien sûr pas de lien direct entre la base de Phalsbourg et les Canadiens installés en Moselle, Phalsbourg étant une ancienne base américaine. Effectivement, Américains et Canadiens ont implanté leurs aviations en Moselle dans le cadre de l'OTAN? mais la causalité n'est, ici, pas flagrante.

- Pour le déclic qui m'a donné envie de m'intéresser aux bases de l'OTAN, j'y suis revenu récemment ICI. Il n'a jamais été question de pavillons d'habitations relativement récents, jugez par vous même, j'ai publié la photo d'où tout est parti le 27 juin dernier sur ce blog.

- Je n'ai jamais monté de maquettes de Spitfire, ni de Stuka. 

- L'exergue "300 avions en France" fait référence à l'US Army Aviation évoquée dans mon dernier ouvrage. L'US Air Force en France en avait bien sûr beaucoup plus...

Enfin, l'expression étrange que j'aie sur la photo découle des directives du photographe. Dans la vraie vie, je fais moins peur (du moins j'espère!)

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 3

Extrait du Républicain Lorrain du 13 juillet 2017
(cliquez sur la photo pour agrandir)


Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 4

Extrait du Républicain Lorrain du 14 juillet 2017
"Chesny et le village de la feuille d'érable"
(cliquez sur la photo pour l'agrandir)


Ndlr : La livraison des résidences canadiennes (PMQ's) de Bellecroix n'a pas induit la désaffection des trailers parks de l'Est de l'agglomération messine qui sont restés en service jusqu'au départ des canadiens en 1967. Les PMQ's n'offraient pas de logements en quantités suffisantes pour héberger la totalité des militaires canadiens des environs de Metz.

Si les caravanes étaient sédentarisées, certaines habitations composées de deux caravanes jumelées permettaient toutefois de préserver la mobilité de l'une d'elles qui pouvait, le cas échéant, servir aux excursions du week-end, comme c'était le cas pour la famille Eakins. Pour mémoire, cette famille n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 5

Extrait du Républicain Lorrain du 16 juillet 2017
(photo fournie par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

Ndlr : Pour mémoire, la famille Eakins n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 6

Extrait du Républicain Lorrain du 19 juillet 2017
(Construction des Permanent Married Quarters - PMQ's
Quartier de Bellecroix - cliquez pour agrandir)



Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 7

Extrait du Républicain Lorrain du 10 août 2017
(photos fournies par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

jeudi 27 juillet 2017

La "3" à l'heure du F-100


L'accomplissement d'un projet né il y a 10 ans : voilà ce que constitue cet ouvrage auto-publié par Daniel Corroy, ancien mécanicien équipement sur F-100 Super Sabre au sein de la 3e Escadre de Chasse en RFA pendant la guerre froide...

La démarche est atypique et semble plutôt rare : qu'un ancien mécanicien prenne la plume pour transmettre au lecteur l'amour (c'est bien de ça qu'il s'agit) qu'il voue à son avion est une démarche à laquelle on n'est pas souvent confronté. Le "syndrome de St-Ex"* pousse généralement davantage des pilotes, avec plus ou moins de succès, à coucher sur le papier leurs souvenirs de vols et les sentiments et impressions qui les habitaient là haut, dans les cieux, au cours de missions mémorables...
Mais qu'un "rampant", un "graisseux" écrive un livre sur ses souvenirs d'opérations peut étonner : quelles anecdotes palpitantes peut-il bien espérer transmettre au lecteur sans le faire "décoller"? 
* Pas sûr que ce syndrome existe réellement ni que, dans l'affirmative, tel soit en effet son nom, mais nous avons trouvé l'image parlante.

Cette question bête (et volontairement provocante), Daniel Corroy ne se l'est heureusement pas posée, poussé et encouragé qu'il a été dans son projet de rétrospective par ses anciens collègues pilotes et mécaniciens de la "3". Car c'est bien un ouvrage qui fera date qu'il nous propose aujourd'hui, et il eût été dommage qu'une appréhension infondée inhibât sa démarche mémorielle et passionnelle visant à transmettre ce qu'a été cette période historique, de 1959 à 1966 à la "3". D'autant plus que l'auteur a su s'entourer et que son ouvrage regorge de témoignages d'anciens de son unité, dont des pilotes, et est très largement illustré. Saluons d'ailleurs les photos de Régis Merveille, ancien pilote dont le patronyme correspond tout à fait aux clichés qu'il a fournis pour l'illustration de cet ouvrage. Ses superbes photos, notamment en couleurs, dont beaucoup ont été prises en vol, ont déjà illustré plusieurs articles et ouvrages consacrés au F-100 ou à l'EC 1/3 Navarre, mais c'est toujours avec plaisir qu'on les redécouvre, surtout ainsi compilées et mises en valeur dans un aussi bel ouvrage que celui que signe Daniel Corroy.

Mais, avant d'aller plus loin dans le commentaire du livre, re-situons le contexte : de la fin des années cinquante au milieu des années soixante, en pleine guerre froide, la France contribue à l'alerte nucléaire face au bloc soviétique dans le cadre de l'OTAN au moyen de deux escadres de chasse : la 3e et la 11e EC. A cette époque, l'indépendance atomique tricolore n'est pas encore acquise, et les moyens d'assurer cette permanence (bombes + avions) sont fournis par les Etats-Unis, comme c'est le cas pour d'autres pays (Belgique, Canada, Pays-Bas...). Dans ce contexte, la France est toutefois un des rares pays utilisateurs du chasseur-bombardier F-100 Super Sabre, mis à disposition dans le cadre du Mutual Defence Assistance Program (MDAP) envers certains pays alliés. (Le club des pays utilisateurs de F-100 est assez restreint, puisqu'outre les Etats-Unis, il ne compte que la France, le Danemark, la Turquie et Taïwan).

Parallèlement, implantée en France sur les bases aériennes de Chaumont, Etain et Toul, l'US Air Force y entretient également trois escadres de chasseurs-bombardiers F-100 Super Sabre, elles-aussi en charge du strike nucléaire au delà du rideau de fer. 
Devenu Président de la République en 1959, Charles de Gaulle souhaite accélérer le développement entamé sous la IVe République d'une force de frappe nucléaire franco-française. Désireux de redonner à la France un certain libre-arbitre et une liberté de mouvement vis-à-vis de l'alliance Atlantique, il commence par demander que les armes atomiques américaines et leurs vecteurs soient placés par les Américains sous un système de double clé dont la France aurait également la responsabilité. En cas de refus des Américains, de Gaulle souhaite que les armements nucléaires américains et les avions chargés de les mettre en oeuvre quittent le territoire français. Bien sûr, Washington refuse de confier le double des clés à Paris et déménage ses trois escadres de F-100 vers l'Allemagne et et la Grande-Bretagne. C'est l'opération Red Richard, qui intervient entre l'été 1959 et le début de l'année 1960. 
Paradoxalement, mais dans le droit fil de la logique gaullienne, ces dispositions concernent donc également la 3e EC de Reims et la 11 EC de Luxeuil, elles-aussi dotées d'armes nucléaires américaines dans le cadre de leur mission (bombes gardées par des contingents de militaires américains au sein des bases françaises). Ces deux escadres sont donc également contraintes de déménager hors de l'Hexagone, le temps pour la France d'achever son programme d'armement nucléaire aéroporté par le biais des escadrons de Mirage IV.

Ce sont donc respectivement les bases de Lahr et Bremgarten qui accueillent les 3e et 11e escadres de chasse. Situées en RFA, dans la vallée du Rhin, à une encablure du territoire français, mais sur la rive droite du fleuve frontière, ces deux bases deviennent le théâtre d'une parenthèse méconnue qui s'ouvre alors dans l'histoire de la permanence nucléaire au sein de l'armée de l'air. Daniel Corroy détaille notamment dans son ouvrage les spécificités de la mission strike en termes de disponibilité des avions et donc de contraintes mécaniques, différentes de celles des autres unités où il a servi. L'examen de ces contraintes a d'ailleurs permis, à l'usage, de paver la route des futures Forces Aériennes Stratégiques (FAS). Dommage que l'auteur ne détaille pas plus les relations entre les armuriers français et les Américains en charge de la garde de l'arsenal atomique, et notamment le déroulement des entraînements d'alerte nucléaire. Sans doute n'y a t-il lui-même pas été trop confronté de par sa spécialité, et le sceau du secret pèse peut-être encore de nos jours... Un intéressant témoignage d'un armurier habilité nucléaire à l'époque, Paul Crépin,  apporte toutefois d'intéressantes informations sur cette partie du travail propre à l'escadre.

F-100D de l'EC 1/3 Navarre. Profil : Stéphane Lhernault
Cette image n'est pas tirée du livre.

Saluons l'initiative de Daniel Corroy, qui aurait très bien pu se contenter de couler une paisible retraite mais qui au lieu de celà, s'est lancé dans une quête de témoignages et de documents qui lui aura finalement pris quatre ans pour aboutir à ce très beau résultat.
L'ouvrage est intelligemment construit et s'articule en une trentaine de chapitres thématiques, allant de six à douze pages chacun et présentant un aspect spécifique de l'unité, une anecdote, un témoignage ou un temps fort : l'historique de la "3", les campagnes de tirs à Solenzara, la base de Lahr et sa garnison d'expatriés où règnent solidarité, entraide et solides amitiés, le concours Aircent de 1963...
Signalons la démarche de l'auteur qui, dans un souci de pédagogie, situe chaque chapitre dans son contexte historique ou géographique et détaille les causes mécaniques pour chaque accident ou crash évoqué, photos des systèmes incriminés à l'appui. De même les témoignages de pilotes inclus aux chapitres trouvent à chaque fois, en écho, le point de vue de "la mécanique", ce qui en fait presque un livre chorale où l'on sent que c'est le point de vue de l'unité, et non celui d'un seul de ses membres qui est consigné et transmis dans cet ouvrage. C'est pourquoi il est fort probable que ce livre plaise également aux jeunes mécaniciens avions actuels, tant leur rôle est reconnu à leur juste valeur et tant le propos et l'analyse des incidents et accidents relatés peuvent s'avérer intéressants voire formateurs. La mécanique et les avions ont changé, l'approche du problème technique et l'esprit de déduction reste le même aujourd'hui.

Sommaire de l'ouvrage. Cliquez pour agrandir.

A quelques rares occasions, l'auteur se réserve le privilège d'une digression, sortant du cadre de la 3e EC au temps du F-100, pour évoquer la carrière d'Edmond Marin la Meslée, la catastrophe d'Albacete en 2015 ou encore le crash du capitaine Allard... autant d'occasions lui permettant de témoigner d'un esprit de corps toujours palpable aujourd'hui, le lien étant celui de l'appartenance à une unité, la 3e EC, au travers de ses différentes époques.

Au centre du livre a été déportée une série d'annexes, habilement sortie des chapitres auxquelles elles se rapportent pour ne pas alourdir le propos avec des photos et des informations s'adressant à une minorité de lecteurs : anciens de l'Escadre qui se retrouveront avec plaisir sur des photos de repas d'unité ou de prises d'armes, photos de villégiature corse lors d'une campagne de tirs à Zara... 
L'ensemble de l'ouvrage est ainsi très agréable à lire et à feuilleter, l'auteur excluant une narration académique pour se faire complice du lecteur et ainsi transmettre avec un certain humour ses souvenirs, anecdotes voire confidences.
Pour finir, Daniel Corroy élargit un peu son traitement du sujet en consacrant quelques chapitres à ses souvenirs autres opérationnels à Bremgarten au temps de l'Ouragan puis du F-84F, à Chaumont, ville dont il est originaire et où il redécouvre la base aérienne américaine de l'intérieur avec un plaisir manifeste, lors des rencontres Aircent auxquelles il prend part avec la "3"...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.

Pour résumer, on peut dire que ce livre est une pièce de choix pour quiconque s'intéresse aux relations entre l'armée de l'air et l'OTAN, notamment avant l'obtention de la puissance atomique par la France. Ce sujet trop peu traité trouve enfin une visibilité méritée à travers ces pages. Il en va de même pour l'engagement des militaires français de l'armée de l'air expatriés en RFA en pleine guerre froide pour garantir cette mission au sein d'une alliance militaire à laquelle ils sentaient sans doute déjà qu'ils n'appartiendraient plus très longtemps, du moins dans les mêmes conditions. Une époque très particulière donc, mise en valeur avec tendresse par Daniel Corroy. 
Il serait intéressant que l'initiative de l'auteur trouve un écho au sein de la très organisée amicale des Anciens de la 11e Escadre de Chasse, qui pourrait se lancer dans la réalisation d'un livre équivalent vu de la "11". Cette escadre a certes volé bien plus longtemps que la "3" sur Super Sabre et plus seulement dans une rôle de strike nucléaire. Mais disposer d'un ouvrage de référence équivalent pour la période allemande de la 11e EC, sur la base de Bremgarten, serait une vraie chance. L'appel est lancé...

Bien qu'il ait fort à propos sollicité la société de prestations graphiques Baobab, qui a réalisé une très belle mise en page et assuré la fabrication de l'ouvrage, l'auteur assure seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées. Le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. Pour ce faire, vous trouverez ci-dessous un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. Il complètera d'ailleurs très avantageusement le livre de Jean-Pierre Calka et Eric Moreau sur Le F-100D/F Super Sabre en service dans l'armée de l'air.

La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages. Couverture rigide.
Plusieurs centaines de photos en couleurs et noir et blanc.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessous (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque)


La 3e Escadre de Chasse et le F-100 Super Sabre



Bon de commande. Cliquez pour agrandir.


La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessus (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque uniquement).


L'auteur assurant seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées, le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. 
Pour ce faire, vous trouverez ci-dessus un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. 

mardi 25 juillet 2017

Les escadres de l'armée de l'air à l'honneur


Le premier Hors-Série du magazine Avions de Combat  actuellement en kiosques met à l'honneur le travail de Gérard Paloque sur les escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours.
Véritable gageure que de travailler sur une telle période historique, compilant tant d'appareils, en termes de types, de versions, de livrées... L'auteur nous propose un superbe recueil d'une centaine de photos et de 200 profils en couleurs consacrés aux 8 premières escadres de l'armée de l'air.

Bien sûr, la faste période de guerre froide (en ce qui concerne le parc d'avions de chasse, s'entend) est largement représentée notamment pour les escadres intégrées au 1er CATac de l'OTAN, qui évoluaient sur matériel américain du début des années 1950 jusqu'au milieu des années 1960 (F-84E/G/F, F-100D/F) et qui nous intéressent particulièrement ici (1ère, 3e, 4e EC) . 

Gérard Paloque avait déjà signé un excellent ouvrage sur le F-100 Super Sabre présentant des centaines de profils de l'appareil dans ses nombreuses livrées au sein des différentes forces aériennes l'ayant utilisé. Il nous propose ici un travail de la même qualité qu'il convient d'avoir dans sa bibliothèque. Car l'auteur ne s'arrête pas aux livrées des avions d'armes composant les différents escadrons d'une même escadre. Il complète le tableau avec les profils des appareils des escadrilles de liaison (MS Paris, T-33, Fouga, Broussard, et même Martinet) ainsi que des SIPA, T-6 et T-28 des Escadrilles d'Aviation Légères d'Appui (EALA) parrainées par chaque escadre durant la guerre d'Algérie! Certes, on peut regretter que les profils ne soient pas un peu plus grands, mais 200 profils! A pagination constante du magazine, on comprend bien qu'au vu du nombre, il a fallu faire une concession sur la taille des profils. Et encore l'ensemble de l'étude a été scindée en deux, la suite faisant l'objet du prochain Hors-Série (escadres N° 9 à 33) dont la parution est prévue au quatrième trimestre 2017.

Comme le signale l'Aérobibliothèque, les éditions Heimdal, qui éditent le magazine Avions de Combat, publieront en fin d'année l'intégralité du travail de Gérard Paloque sur l'histoire des escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours, compilant le contenu des deux numéros Hors-Série de la revue... La maquette de ce volume récapitulatif permettra peut être d'agrandir un peu la taille de certains profils? Nous ne manquerons pas de vous en reparler ici-même, le moment venu!

Avions de Combat Hors-Série numéro 1
2e trimestre 2017
112 pages
Plus d'une centaine de photos NB et couleurs et plus de 200 profils couleurs
13 euros.

samedi 22 juillet 2017

1951 - 1967 Les Américains à Châteauroux, le livre

1ère de couverture du livre de Bruno Mascle 1951-1967 Les Américains à Châteauroux.
Depuis 66 ans, la présence de l'armée de l'air américaine à Châteauroux n'a eu de cesse d'alimenter fascination et nostalgie pour cette époque révolue... et ce n'est pourtant pas fini! Un nouveau livre sur le sujet vient de paraître au début du mois de juillet : 1951-1967, Les Américains à Châteauroux, co-édité par La Nouvelle République et les éditions La Bouinotte.
Trois semaines seulement après son lancement, l'ouvrage - qui avait fait l'objet d'une souscription - fait déjà défaut à l'éditeur qui a lancé une réimpression. L'ouvrage sera à nouveau disponible à partir du 20 août. En attendant de pouvoir à nouveau le commander, voici déjà de quoi vous en faire une première impression ci-dessous. N'hésitez pas à cliquer sur le bouton "Tenez moi au courant" de la page de l'éditeur et d'y renseigner votre adresse e-mail pour être informé de la disponibilité de l'ouvrage!

Seize années de présence américaine dans la capitale de l'Indre, plus de 7000 Américains y vivant, représentant près de 25% de la population d'une ville moyenne du Centre de la France, évoluant dans de grosses voitures laissant échapper des airs de jazz et de rock'n roll, le tout quelques années seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale... vous avez dit "révolution"?
A coup sûr, l'implantation du gigantesque dépôt aérien pour toute l'US Air Force en Europe a chamboulé le tranquille équilibre castelroussin, fait tourner des têtes et pleuvoir des dollars... 
Pas étonnant que, quand on évoque la présence américaine en France durant la guerre froide, l'exemple de Châteauroux s'impose d'emblée et soit devenu le cas d'école et, parfois, également l'arbre qui cache la forêt...

Cinquante ans après le départ définitif des Américains, en 1967, la "période américaine" de la ville nourrit aujourd'hui encore une profonde nostalgie pour ceux qui l'ont connue, et un fantasme pour ceux qui en ont seulement entendu parler. Le plein emploi, l'argent facile, la vie nocturne, la musique, l'activité aérienne... toutes ces conséquences induites par la présence américaine ont laissé un vide béant dans une ville et auprès d'une population qui ne s'en sont jamais vraiment remises...

Cette atmosphère a, depuis, nourri de nombreuses démarches historiques, romanesques et même cinématographiques, surtout quand on sait qu'un certain Gérard Depardieu a grandi à Châteauroux à cette époque et a commencé à s'encanailler au contact des Airmen du Chateauroux Air Depot (CHAD).

On pouvait de fait s'attendre à une production littéraire plus conséquente sur le sujet depuis 1967. Aussi, quand on découvre le nouveau livre de Bruno Mascle, on se dit qu'enfin, l'ouvrage francophone de référence sur l'histoire de la base américaine de Châteauroux est arrivé : couverture rigide, mise en page agréable et colorée, nombreuses illustrations, le premier contact est très appétissant! En survolant les pages, on glane des vues d'avions, mais aussi des photos de mariages (mixtes, à coup sûr), d'ouvriers français, de cités américaines en Berry... A première vue, le traitement du sujet semble exhaustif, intégrant les nombreuses conséquences sociales, économiques et culturelles de l'installation de la base de l'US Air Force, notamment les importants mouvements sociaux lors du départ des Américains.

La lecture de l'ouvrage nuance toutefois un peu les choses. D'abord parce qu'elle recadre un peu les espoirs du lecteur aérophile. Plus qu'un livre sur l'histoire de la base et du dépôt de l'US Air Force, ce que nous espérions, il s'agit - comme son titre l'indique, finalement - d'évocations thématiques de la période américaine de Châteauroux. Aucune tromperie sur la marchandise donc, simplement une sensibilité aéronautique un peu trop marquée de notre part qui s'en est trouvée légèrement frustrée, tout étant affaire de tempérance dans la vie.

Revenons en donc à l'ouvrage en lui même : une quinzaine de chapitres thématiques reviennent sur ce qu'était la vie à Châteauroux à l'époque américaine, au travers de l'activité économique, de l'animation des rues - en particulier le soir, de la vie sociale et des unions franco-américaines qui en ont découlées... De façon générale, si les noms de villages ou de bistrots sont propres à Châteauroux, les aspects traités par Bruno Mascle dans ce livre parleront à tout ancien riverain d'une garnison américaine en France dans les années 50-60, qu'elle soit à Evreux, Toul, Orléans ou Verdun!
Table des matières - Cliquez pour agrandir
L'ouvrage s'articule finalement un peu comme un catalogue d'exposition, l'auteur ayant étoffé ses différents axes de travail en consultant des articles de journaux d'époque, rencontré des vétérans américains et français, mais aussi beaucoup puisé dans la filmographie et la littérature des témoignages parfois directs, souvent indirects. Le documentaire Chateauroux Airport d'Anice Clément, a manifestement beaucoup servi à l'auteur, de même que des articles d'époque de La Nouvelle République ou de La Marseillaise du Berry, souvent restitués in extenso.
Précisons que Bruno Mascle est journaliste à La Nouvelle République. On comprend donc qu'il ait mis à profit les sources de la presse quotidienne régionale d'époque. Le bémol qui en découle revient à l'iconographie : bien que nombreuses et imprimées en grand format, plusieurs photos sont en effet tirées d'articles de journaux d'époque, présentant une importante trame d'impression au détriment de leur qualité. En outre, les crédits photographiques et la mention des sources, telles que les articles cités, font défaut, ce qui est dommage d'un point de vue historiographique. Même des photos plus contemporaines, de récentes cérémonies mémorielles, pêchent vraiment en termes de qualité et l'on peut se demander alors, pourquoi les avoir imprimées en si grand si la définition faisait défaut? Enfin, les légendes, en étant plus précises, auraient pu compenser d'un point de vue documentaire la qualité relative de certaines illustrations. C'est assez regrettable, car les autres aspects éditoriaux sont quant à eux au rendez-vous : qualité du papier, mise en page, reliure, couverture rigide...

Pour le reste, cette évocation historique, économique, sociologique et culturelle de l'implantation US dans l'Indre de 1951 à 1967 n'en n'est pas moins sympathique et se parcourt aisément.  Un chapitre concerne notamment l'institution castelroussine récemment fermée, chez "Joe from Maine", sans doute le premier fast-food installé en France que Depardieu aimait à fréquenter. Les connaisseurs de l'histoire de la base n'apprendront pas grand chose de nouveau, si ce n'est peut être l'impression du journal de la base, sous-traitée dans l'imprimerie de Jean Fourton, dont les employés étaient majoritairement communistes et cégétistes. Mais ce n'est finalement qu'une demi-surprise quand on a un peu connu le monde de "l'imprimerie de papa".  Les lecteurs moins familiers de cette tranche d'histoire américaine rêveront quant à eux à ce Shatoo-woo perdu (Châteauroux prononcé "à l'américaine") dont le souvenir est devenu légendaire, à l'évocation des accidents de voitures, des bordels, des bagarres, des bars pour les Noirs ou pour les Blancs, entourant le souvenir de la capitale de l'Indre d'un parfum de bas-quartier de Chicago ou de Seattle...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.
1951-1967, Les Américains à Châteauroux (cliquez pour accéder au site de l'éditeur)
Par Bruno Mascle, préface de Léandre Boizeau. Co-édition La Bouinotte / La Nouvelle République, 21x27 cm, 128 pages, couverture rigide, plus de 150 illustrations, 26 euros.

vendredi 21 juillet 2017

Mondial Air Ballons 2017, top départ!

Photo via Facebook/Mondial Air Ballons
C'est le grand jour! L'édition 2017 du Mondial Air Ballons (MAB) démarre ce soir et pour 10 jours, avec un final le dimanche 30 juillet prochain.

LMAB 2015.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Ne l'appelez plus "Lorraine Mondial Air Ballons" : réforme territoriale et partenariat avec la nouvelle région Grand Est obligent, le précédent nom a été recyclé. Outre ce détail (du moins pour le grand public), la recette reste la même : une dizaine de jours pour fêter les plus légers que l'air et s'en mettre plein les mirettes à l'occasion de deux vols quotidiens, le matin de bonne heure (vers 6h15), et en fin d'après-midi / début de soirée (vers 18h30), quand l'atmosphère est au plus calme.

LMAB 2015.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
L'évènement qui fait bourdonner tous les deux ans l'ancienne base aérienne américaine de Chambley est un monument touristique et économique pour le secteur, et les nouvelles instances régionales ont eu la bonne idée de pérenniser leur soutien à l'organisation Pilâtre de Rozier, grand chef d'orchestre de la manifestation. Cette année, le MAB sera placé sous le signe de la sécurité pour garantir au public de profiter sereinement du spectacle. De fait, les parkings publics seront fermés entre minuit et 5h00. Une présence policière renforcée complètera un dispositif de vigiles. Prévoyez donc une marge suffisante pour accéder au site du fait des contrôles et fouilles qui s'ajouteront aux délais habituels pour un tel évènement populaire.


Les temps forts de cette éditions seront : le premier vol de ce soir 21 juillet, sur les coups de 18h30, l'inauguration officielle ce samedi 22 à 17h00 suivi d'un envol de masse, mais aussi dimanche 23 au matin, sur les coups de 6h15, avec l'envol en ligne sur les 2900 mètres de piste. Mercredi 26 à 21h30, la ligne de nuit offrira un spectacle son et lumière (sans envol). Pour le programme détaillé, toujours soumis à la météo, CLIQUEZ ICI.

La tour de contrôle sur fond d'envol de montgolfières.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
Si vous êtes lève tard, ou tout simplement trop loin pour assister au spectacle, vous pourrez toujours vous rabattre sur les webcams. Si toutefois vous décidez de visiter le site, sachez qu'entre les vols du matin et du soir, de nombreuses animations et stands sont prévus. Vous pourrez notamment accéder au musée Pilâtre de Rozier, dont tout une partie est consacrée à l'histoire de la base américaine de l'US Air Force.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.
Musée Pilâtre de Rozier.
Photo F. Loubette / France-Air-OTAN.

mardi 27 juin 2017

Double anniversaire à Phalsbourg le 2 juillet




Certains en avaient entendu parler depuis quelques mois, mais la rumeur peinait à se confirmer... C'est à présent chose faite depuis quelques semaines : dimanche prochain, le 2 juillet 2017, le camp La Horie de Phalsbourg et le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat (RHC) qu'elle accueille ouvrent grand leurs portes au public, et gratuitement de surcroît, à l'occasion notamment du 40e anniversaire du 1er RHC.


C'est l'occasion de (re)découvrir cette ancienne base de l'US Air Force qui a bien changé ces dernières années, avec l'arrivée des hélicoptères de nouvelle génération Tigre et NH90 Caïman.
Une page internet est en ligne, même si elle s'avère assez peu informative faute de mises à jour. En revanche, une page Facebook semble, elle davantage suivie, avec au fur et à mesure l'annonce du programme pour conserver une part de surprise.



Une fois n'est pas coutume, j'en profite pour parler un peu de ma petite personne, puisque cet évènement marque un autre anniversaire : le 20e des premières portes ouvertes du 1er RHC auxquelles j'ai participé :


C'était en juin 1997, j'allais sur mes 14 ans, et j'assistais alors à ma première manifestation aérienne. Il y en eut pas mal d'autres depuis, et j'espère que ça continuera encore dans les années à venir, malgré le nombre de bases aériennes qui se réduit comme peau de chagrin.

Si je vous parle aujourd'hui de cet évènement de ma vie, c'est qu'il est à l'origine de tous les travaux que j'ai consacrés depuis aux forces aériennes de l'OTAN en France. En effet, dans le programme des journées portes ouvertes de 1997 que je conserve encore aujourd'hui, une photo aérienne de la base et un court texte de quelques lignes ont aiguisé ma curiosité : 
Cliquez pour agrandir.

Pourquoi les hélicos du 1er RHC avaient-ils besoin d'une telle piste pour atterrir / décoller? Que faisait l'US Air Force à Phalsbourg dans les années 50, alors que la guerre était finie depuis plusieurs années? Ces questionnements, dans mon esprit d'adolescent, n'ont eu de cesse de chatouiller ma curiosité. Pourtant, les sources documentaires étaient rares et difficiles à trouver à l'époque : internet était loin d'être aussi développé, et aussi riche en contenus qu'aujourd'hui. Tant mieux! C'est ce qui m'a poussé à continuer de chercher, et m'a fait me dire que d'autres seraient sans doute intéressés également, alors, pourquoi ne pas partager le fruit de mes recherches?

Et puisque j'ouvre la boîte à souvenir, je ne vous épargne pas non plus ce gros dossier : moi dans un Puma. A l'époque, j'avais encore des cheveux et je portais encore des chaussettes Bart Simpson... 


Vingt ans plus tard, la publication de mon article historique sur Phalsbourg Air Base dans Air Power n°4 aura, dans un sens, été une manière de boucler la boucle...

Si vous allez à Phalsbourg ce dimanche, nous aurons donc peut-être l'occasion de nous croiser. Fort heureusement, j'ai bien changé depuis la photo ci-dessus... Toutefois, si jamais vous me reconnaissez, n'hésitez pas à me dire un petit bonjour, j'ai toujours plaisir à échanger avec vous!